Pénuries de main-d’oeuvre : un problème conjoncturel et structurel pour l’intérim

Pénuries de main d’oeuvre : Un problème conjoncturel et structurel pour. Le Covid-19 n’épargne pas les intérimaires censés remplacer les salariés permanents malades. Dans ce billet de blog, nous allons examiner certaines des causes de la pénurie de main-d’œuvre. Nous allons vous proposer quelques solutions pour vous aider à surmonter ce défi. Restez à l’écoute !

Mais le secteur doit aussi se mobiliser pour parer aux carences plus durables dans certains métiers et secteurs.

Pénuries de main d'oeuvre

La Covid-19 touche indifféremment les salariés permanents et les travailleurs temporaires. Les sociétés d’intérim voient ainsi leurs troupes déserter les rangs au moment où l’économie en aurait le plus besoin.

« Si la demande d’intérimaires a explosé ces dernières semaines pour pallier les absences de salariés. Les agences sont, elles-mêmes, confrontées au manque d’intérimaires disponibles car nombreux sont testés positifs ou cas contact. Un vrai casse-tête d’organisation ». Remarque-t-on chez Connectt, qui compte une trentaine d’agences en France et évalue à près de 20 % ses intérimaires indisponibles.

« Les salariés intérimaires n’échappent pas au caractère très contagieux d’Omicron mais doivent. En outre, faire face à des problèmes encore plus délicats de garde de leurs enfants scolarisés lorsque cela est nécessaire ». Relève la déléguée générale de Prism’emploi, Isabelle Eynaud-Chevalier. « Nombre de nos adhérents nous signalent leurs difficultés à répondre aux demandes. Et cherchent à solliciter d’autres viviers moins exposés à ces difficultés. Comme par exemple des personnes récemment parties à la retraite », note-t-elle.

Pénuries de main-d’oeuvre : Des plannings compliqués

Dans la société d’intérim Proman, premier indépendant avec 10 % du marché français derrière les groupes Adecco, Randstad et Manpower. Son PDG, Roland Gomez, confirme : « les commandes affluent, dans la logistique avec des plateformes qui ouvrent. Le BTP avec de nombreux chantiers nécessitant beaucoup de main-d’oeuvre, l’automobile qui repart doucement en fonction de l’approvisionnement en composants. »

Mais, observe-t-il, « la difficulté réside dans les absences de nos collaborateurs intérimaires recrutés et planifiés, pour cause de Covid ou de cas contact… Selon les agences, cela peut aller jusqu’à 10 % du planning à remplacer au pied levé ».

Mais, observe-t-il, « la difficulté réside dans les absences de nos collaborateurs intérimaires recrutés et planifiés, pour cause de Covid ou de cas contact… Selon les agences, cela peut aller jusqu’à 10 % du planning à remplacer au pied levé.

Isabelle Eynaud-ChevalierDéléguée générale de Prism’emploi

Chez Adecco, on constate « des sollicitations accrues des clients liées à l’absentéisme causé par la vague de janvier, en particulier dans la grande distribution et la logistique », mais « pas de boom spectaculaire des remplacements car certains secteurs, comme le BTP, ont déjà repoussé des missions tandis que dans la restauration, le télétravail est synonyme de baisse d’activité ».

Pénuries de main-d’oeuvre : Former les futures recrues

Pour tous, « ce phénomène conjoncturel amplifie des difficultés plus structurelles qui existaient déjà avant la crise », pointe Isabelle Eynaud-Chevalier, avec des pénuries marquées dans certains secteurs en pénurie chronique. C’est pourquoi des sociétés de travail temporaire s’impliquent toujours davantage dans la formation sur les compétences qui font défaut.

« Dans le BTP, les problèmes tiennent au renouvellement des générations car ces métiers ne font plus rêver. On met en place avec des entreprises du secteur des Contrats de développement professionnel intérimaires avec un taux d’emploi à l’arrivée de 70 à 80 %. Avec la Fédération des travaux publics des Bouches-du-Rhône, nous formons des poseurs de bordures sur les trottoirs et nous allons souvent chercher des personnes éloignées de l’emploi », explique le patron de Proman.

La société d’intérim a également mené des campagnes de recrutement afin de remplir les classes du CFA Campus 2023 centré sur les métiers du sport, du tourisme et de la sécurité, avec 3.000 apprentis à sélectionner et former dans la perspective de la Coupe du monde de rugby 2023. « Nous avons même créé à Bordeaux notre propre centre de formation de soudeurs, pour répondre à la forte demande de l’industrie pétrochimique », souligne Roland Gomez.

La société d’intérim a également mené des campagnes de recrutement afin de remplir les classes du CFA Campus 2023 centré sur les métiers du sport, du tourisme et de la sécurité, avec 3.000 apprentis à sélectionner et former dans la perspective de la Coupe du monde de rugby 2023. « Nous avons même créé à Bordeaux notre propre centre de formation de soudeurs, pour répondre à la forte demande de l’industrie pétrochimique », souligne Roland Gomez.

Par Martine Robert

La source  Les Echos